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    Une histoire à suivre

     

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l’hiver.

    Après le grand froid le soleil,

    Après la neige vient le nid,

    Après le noir vient le réveil,

    L’ histoire n’est jamais finie.

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l’hiver,

    Et après la pluie le beau temps.

    Claude Roy

     

    Un peintre

    Les blancs nuages

    Dans le ciel bleu

    Les bords sableux

    Du blond rivage

    Les rayons d'or

    Le sombre orage

    Le vert feuillage

    Où l'oiseau dort.

    La belle rose

    Charmant décor

    Où l'ombre encor'

    Tremble et se pose.

    Le ru d'argent

    Vif ou morose

    Qui court... arrose

    Les prés changeants.

    D'une main sûre

    Depuis longtemps

    Monsieur printemps

    Peint la nature.

    Michel Beau

    Bonjour !

     

    Comme un diable au fond de sa boîte,

    le bourgeon s’est tenu caché...

    mais dans sa prison trop étroite

    il baille et voudrait respirer.

    Il entend des chants, des bruits d’ailes,

    il a soif de grand jour et d’air...

    il voudrait savoir les nouvelles,

    il fait craquer son corset vert.

    Puis, d’un geste brusque, il déchire

    son habit étroit et trop court

    enfin, se dit-il, je respire,

    je vis, je suis libre... bonjour !”

    Paul Géraldy

    Printemps

     

    Un petit œil jaune

    Tout jaune

    C’est la primevère,

    La première.

    Un petit œil tout blanc

    Très franc

    C’est la pâquerette

    Mignonette.

    Un petit œil bleu

    Malicieux

    C’est le myosotis

    Tout fleuri.

    Un œil de satin

    Quel malin !

    C’est la violette

    Qui me guette.

    Auteur inconnu

     

    Une histoire à suivre

    Après tout ce blanc vient le vert,
    Le printemps vient après l'hiver.
    Après le grand froid le soleil,
    Après la neige vient le nid,
    Après le noir vient le réveil,
    L'histoire n'est jamais finie.

    Après tout ce blanc vient le vert,
    Le printemps vient après l'hiver,
    Et après la pluie le beau temps.

    Claude Roy - Farandoles et fariboles

    Mars

    Il tombe encore des grêlons,
    Mais on sait bien que c'est pour rire.
    Quand les nuages se déchirent,
    Le ciel écume de rayons.

    Le vent caresse les bourgeons
    Si longuement qu'il les fait luire.
    Il tombe encore des grêlons,
    Mais on sait bien que c'est pour rire.

    Les fauvettes et les pinsons
    Ont tant de choses à se dire
    Que dans les jardins en délire
    On oublie les premiers bourdons.
    Il tombe encore des grêlons …

    Maurice Carême - La lanterne magique

    À l’aube du printemps

    À l’aube du printemps,
    Comme un coucou malin,
    Dans le douillet du nid
    D’une grive insouciante,
    Entre les œufs bleutés,
    J’ai glissé mon poème
    Pour qu’il sache chanter.
    Et maintenant j’attends
    L’éclosion avec hâte
    Pour savoir si mes mots
    Sauront aussi voler.

    Paul Bergèse

    Une graine voyageait
    Une graine voyageait
    toute seule pour voir le pays.
    Elle jugeait les hommes et les choses.
    Un jour elle trouva
    joli le vallon
    et agréables quelques cabanes.
    Elle s'est installée sur l'herbe
    auprès d'une fontaine,
    et s'est endormie.
    Pendant qu'elle rêvait
    elle est devenue brindille,
    et la brindille a grandi
    puis s'est couverte de bourgeons.
    Les bourgeons ont donné des branches.
    Tu vois ce chêne puissant :
    c'est lui, si beau, si majestueux,
    cette graine.
    - Oui, mais le chêne
    ne peut pas voyager.
    Alain Bosquet

    L'hirondelle et le poète

    "Bonjour, bonjour"
    dit l'hirondelle
    qui revient nicher
    sous mon toit.
    "J'ai du printemps
    au bout des ailes
    et t'apporte des fleurs nouvelles ;
    je te suis fidèle"
    "Merci, merci,
    dit le poète,
    de revenir auprès de moi
    de l'autre bout de la planète."
    et j'avais du bleu plein la tête
    car l'hirondelle c'était toi.

    Michel Beau

    Le premier vol de l’hirondelle
    Mes ciseaux à peine aiguisés
    Coupent le ciel qui se déplace.
    Une brasse. Encore une brasse.
    Dans l’ouverture de la nasse
    - Bon hirondeau chasse de race -
    Un moustique s’est enfourné.
    Ce petit nid où je suis né
    Comme il s’éloigne dans l’espace !
    A tire-ligne d’hirondelle
    C’est un nom nouveau que j’écris
    Et je l’écris à tire-d’aile
    Et je l’écris à tire-cri
    Pierre Menanteau (1895-1992)

    Rondeau de printemps

    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie,
    Et s'est vêtu de broderie,
    De soleil luisant, clair et beau.

    Il n'y a bête ni oiseau
    Qu'en son jargon ne chante ou crie :
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie.

    Rivière, fontaine et ruisseau
    Portent en livrée jolie
    Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
    Chacun s'habille de nouveau:
    Le temps a laissé son manteau.

    René Charles d'Orléans (1391-1465) - Rondeaux

    En sortant de l'école
    En sortant de l'école
    nous avons rencontré
    un grand chemin de fer
    qui nous a emmenés
    tout autour de la terre
    dans un wagon doré
    Tout autour de la terre
    nous avons rencontré
    la mer qui se promenait
    avec tous ses coquillages
    ses îles parfumées
    et puis ses beaux naufrages
    et ses saumons fumés
    Au-dessus de la mer
    nous avons rencontré
    la lune et les étoiles
    sur un bateau à voiles
    partant pour le Japon
    et les trois mousquetaires
    des cinq doigts de la main
    tournant ma manivelle
    d'un petit sous-marin
    plongeant au fond des mers
    pour chercher des oursins
    Revenant sur la terre
    nous avons rencontré
    sur la voie de chemin de fer
    une maison qui fuyait
    fuyait tout autour de la Terre
    fuyait tout autour de la mer
    fuyait devant l'hiver
    qui voulait l'attraper
    Mais nous sur notre chemin de fer
    on s'est mis à rouler
    rouler derrière l'hiver
    et on l'a écrasé
    et la maison s'est arrêtée
    et le printemps nous a salués
    C'était lui le garde-barrière
    et il nous a bien remerciés
    et toutes les fleurs de toute la terre
    soudain se sont mises à pousser
    pousser à tort et à travers
    sur la voie du chemin de fer
    qui ne voulait plus avancer
    de peur de les abîmer
    Alors on est revenu à pied
    à pied tout autour de la terre
    à pied tout autour de la mer
    tout autour du soleil
    de la lune et des étoiles
    A pied à cheval en voiture
    et en bateau à voiles.
    Jacques Prévert

    Premier sourire du printemps

    Tandis qu'à leurs œuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d'or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s'en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l'amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui descend au jardin désert,
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l'oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d'argent du muguet.

    Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d'avril tournant la tête,
    Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

    Théophile Gautier (1811-1872) - Émaux et camées




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    Neige

    Il pleut du silence,

     Des petits flocons,

     Tout un blanc silence

     Sur notre maison.

     Il pleut de la danse

     Et des tourbillons,

     Une douce danse

     De blancs papillons.

     Il pleut de la chance

    Pour tous les garçons

     Qui feront dimanche

     Un bonhomme rond.

     Monique Hion

     

     

    La neige au village

     

     

    Lente et calme, en grand silence,
    Elle descend, se balance
    Et flotte confusément,
    Se balance dans le vide,
    Voilant sur le ciel livide
    L'église au clocher dormant.

     

    Pas un soupir, pas un souffle,
    Tout s'étouffe et s'emmitoufle
    De silence recouvert...
    C'est la paix froide et profonde
    Qui se répand sur le monde,
    La grande paix de l'hiver.

     

    Francis Yard (1976-1947)
    Le bonhomme de neige
    Savez-vous qui est né
    Ce matin dans le pré ?
    Un gros bonhomme tout blanc !
    Il est très souriant
    Avec son ventre rond
    Ses yeux noirs de charbon
    Son balai menaçant
    Et son chapeau melon.
    Le soleil a brillé,
    À midi dans le pré,
    Je n'ai rien retrouvé ...
    Le bonhomme a filé !
    Jason Émond

    Le bonhomme de neige

    Au nord de la Norvège
    Vit un bonhomme de neige.
    Il n'a pas peur de fondre,
    Là-bas, la neige tombe
    Pendant de très longs mois,
    Il y fait toujours froid.

    Et le bonhomme de neige,
    Bien assis sur son siège,
    Regarde les flocons
    Voler en tourbillons.

    Sais-tu ce que j'en pense ?
    Il a bien de la chance
    Pour un bonhomme de neige
    D'habiter la Norvège.

    Corinne Albaut



    Le bonhomme de neige
    Un jour, un bonhomme de neige
    Eut envie de voyager.
    Il prit sa belle écharpe beige
    Et son bâton de noisetier.
    A peine arrivé en Afrique,
    Il se sentit très fatigué.
    Il fut piqué par un moustique
    À l'ombre d'un grand cocotier.
    Il fut pris d'une forte fièvre
    Et soudain se mit à trembler,
    Comme tremblent lapins et lièvres
    Quand la chasse va commencer.
    Il transpirait à grosses gouttes,
    Il fondait de la tête aux pieds ...
    Albert Atzenwiler

    Le bonhomme de neige

    Les enfants du pays m'ont fait naître un beau soir
    Au milieu de leurs cabrioles.
    Dans ma bouche sans dents, les passants ont pu voir
    La pipe du maître d'école !

    Un béret sur ma tête, posé de guingois,
    Dandine son pompon de laine.
    Mes yeux au noir regard sont des charbons de bois
    Et mes mains de pauvres mitaines.

    Puis, dans leur folle ronde, ils ont ri de mon nez
    Taillé dans une grosse pomme ;
    Mais, me voyant pleurer, ils ont dit, chagrinés :
    « Il fond déjà, le vieux bonhomme ! »

    Odette Casadesus



    Chanson pour les enfants l'hiver 
    Dans la nuit de l'hiver
    Galope un grand homme blanc
    C'est un bonhomme de neige
    Avec une pipe en bois,
    Un grand bonhomme de neige
    Poursuivi par le froid.
    Il arrive au village.
    Voyant de la lumière
    Le voilà rassuré.
    Dans une petite maison
    Il entre sans frapper ;
    Et pour se réchauffer,
    S'assoit sur le poêle rouge,
    Et d'un coup disparaît.
    Ne laissant que sa pipe
    Au milieu d'une flaque d'eau,
    Ne laissant que sa pipe,
    Et puis son vieux chapeau.
    Jacques Prévert

    Le printemps reviendra

    Hé oui, je sais bien qu'il fait froid,
    Que le ciel est tout de travers;
    Je sais que ni la primevère
    Ni l'agneau ne sont encor là.

    La terre tourne ; il reviendra,
    Le printemps, sur son cheval vert.
    Que ferait le bois sans pivert,
    Le petit jardin sans lilas ?

    Oui, tout passe, même l'hiver,
    Je le sais par mon petit doigt
    Que je garde toujours en l'air...

    Maurice Carême (1899-1978) - "En Sourdine" (1964)

    Fantaisie d’hiver
    Le nez rouge, la face blême,
    Sur un pupitre de glaçons,
    L'Hiver exécute son thème
    Dans le quatuor des saisons.
    Il chante d'une voix peu sûre
    Des airs vieillots et chevrotants;
    Son pied glacé bat la mesure
    Et la semelle en même temps;
    Et comme Haendel, dont la perruque
    Perdait sa farine en tremblant,
    Il fait envoler de sa nuque
    La neige qui la poudre à blanc.
    Théophile Gautier

    En hiver la terre pleure

    En hiver la terre pleure ;
    Le soleil froid, pâle et doux,
    Vient tard, et part de bonne heure,
    Ennuyé du rendez-vous.

    Leurs idylles sont moroses.
    - Soleil ! aimons ! - Essayons.
    O terre, où donc sont tes roses ?
    - Astre, où donc sont tes rayons ?

    Il prend un prétexte, grêle,
    Vent, nuage noir ou blanc,
    Et dit : - C'est la nuit, ma belle !
    - Et la fait en s'en allant ;

    Comme un amant qui retire
    Chaque jour son coeur du noeud,
    Et, ne sachant plus que dire,
    S'en va le plus tôt qu'il peut.

    Victor Hugo



    Bonjour monsieur l'Hiver
    - Hé ! bonjour monsieur l'Hiver !
    Ça faisait longtemps...
    Bienvenue sur notre terre,
    Magicien tout blanc.
    - Les montagnes t'espéraient ;
    Les sapins pleuraient ;
    Les marmottes s'indignaient ;
    Reviendra-t-il jamais ?
    - Mes patins s'ennuyaient ;
    Mes petits skis aussi ;
    On était tous inquiets ;
    Reviendra-t-il jamais ?
    - Hé ! bonjour monsieur l'Hiver !
    Ça faisait longtemps ...
    Bienvenue sur notre terre,
    Magicien tout blanc.
    Patrick Bousquet


     

     


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    L’écureuil et la feuille

     Un écureuil, sur la bruyère,

     Se lave avec de la lumière.

     Une feuille morte descend,

     Doucement portée par le vent.

     Et le vent balance la feuille

     Juste au-dessus de l’écureuil ;

     Le vent attend, pour la poser

     Légèrement sur la bruyère,

     Que l’écureuil soit remonté

     Sur le chêne de la clairière

     Où il aime à se balancer

     Comme une feuille de lumière.

     Maurice Carême

     

     

    Pêche, pomme, poire

     

    Pêche, pomme, poire, abricot,
    Y en a une, y en a une,
    Pêche, pomme, poire, abricot,
    Y en a un' qui est en trop.
    Qui s'appelle
    Marie-Margot !

     

    Un petit bonhomme

     

    Un petit bonhomme
    Assis sur une pomme
    La pomme dégringole
    Le petit bonhomme s'envole
    Sur le toit de l'école.

     

    Pomme et poire

     

    Pomme et poire
    Dans l'armoire

     

    Fraise et noix
    Dans le bois

     

    Sucre et pain
    Dans ma main

     

    Plume et colle
    Dans l'école

     

    Et le faiseur de bêtises
    Bien au chaud dans ma chemise.

     

    Luc Bérimont

     

    Fruits d'automne

     

    Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
    Je me suis bien régalé avec la pomme du pommier.
    Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
    Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
    Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
    Je me suis bien régalé avec la poire du poirier.
    Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
    Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.

     

    Roland Topor

     

    Le rouge-gorge

     

    Le rouge-gorge est au verger ;
    Ah ! qu'il est joli, le voleur ;
    Il ne pèse pas plus que plume
    Et le vent le balance à son gré
    Comme une fleur ;
    Ah ! qu'il est joli, le voleur de prunes.

     

    Oiseau, bel oiseau d'automne,
    Voici l'oseille qui rougit
    Dans l'herbe,
    Et la feuille du poirier jaune ;
    Tout se couvre de pourpre et de vieil or superbe
    Avant l'hiver gris.

     

    Tristan Klingsor

     

    Les trois noisettes

     

    Trois noisettes dans le bois
    Tout au bout d'une brindille
    Dansaient la capucine vivement au vent
    En virant ainsi que filles
    De roi.

     

    Un escargot vint à passer :
    "Mon beau monsieur, emmenez-moi
    Dans votre carrosse,
    Je serai votre fiancée"
    Disaient-elles toutes trois.

     

    Mais le vieux sire sourd et fatigué,
    Le sire aux quatre cornes sous les feuilles
    Ne s'est point arrêté,
    Et, c'est l'ogre de la forêt, je crois,
    C'est le jeune ogre rouge, gourmand et fûté,
    Monseigneur l'écureuil,
    Qui les a croquées

     

    Tristan Klingsor

     



     


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  • Ma poésie de rentrée pour les CE1/CE2 :

     

    poesierentree

     



     

     et d'autres poésies sur le thème de l'école : 

     

     

     

    L'écolière

     

     

     

    Bon Dieu ! que de choses à faire !
    Enlève tes souliers crottés,
    Pends donc ton écharpe au vestiaire,
    Lave tes mains pour le goûter,

     

     

     

    Revois tes règles de grammaire,
    Ton problème, est-il résolu ?
    Et la carte de l'Angleterre,
    Dis, quand la dessineras-tu ?

     

     

     

    Aurai-je le temps de bercer
    Un tout petit peu ma poupée,
    De rêver, assise par terre,
    Devant mes châteaux de nuées ?
    Bon Dieu ! que de choses à faire !

     

    Maurice Carême(1899 - 1978)

     

     

     

    Le cancre

     

     

     

    Il dit non avec la tête
    Mais il dit oui avec le coeur
    Il dit oui à ce qu'il aime
    Il dit non au professeur
    Il est debout
    On le questionne
    Et tous les problèmes sont posés
    Soudain le fou rire le prend
    Et il efface tout
    Les chiffres et les mots
    Les dates et les noms
    Les phrases et les pièges
    Et malgré les menaces du maître
    Sous les huées des enfants prodiges
    Avec des craies de toutes les couleurs
    Sur le tableau noir du malheur
    Il dessine le visage du bonheur.

     

    Jacques Prévert (1900 - 1977) - "Paroles"

     

    Mon école

     

     

     

    Mon école est pleine d'images,
    Pleine de fleurs et d'animaux,
    Mon école est pleine de mots
    Que l'on voit s'échapper des pages,
    Pleine d'avions, de paysages,
    De trains qui glissent tout là-bas
    Où nous attendent les visages
    Des amis qu'on ne connaît pas.

     

     

     

    Mon école est pleine de lettres,
    Pleine de chiffres qui s'en vont
    Grimper du plancher au plafond
    Puis s'envolent par les fenêtres,
    Pleine de jacinthes, d'œillets,
    Pleine de haricots qu'on sème ;
    Ils fleurissent chaque semaine
    Dans un pot et dans nos cahiers.

     

     

     

    Ma classe est pleine de problèmes
    Gentils ou coquins quelquefois,
    De chansons, de poèmes,
    Dont on aime la jolie voix
    Pleine de contes et de rêves,
    Blancs ou rouges, jaunes ou verts,
    De bateaux voguant sur la mer
    Quand une brise les soulève.

     

    Pierre Gamarra (1919 – 2009)

     

    C’est la rentrée

     



     

    Cartable nouveau,

     

    Joli manteau.

     

    Livres, cahiers

     

    Et beau plumier...

     

    Cloche a sonné,

     

    Un gros baiser,

     

    Il faut y aller :

     

    C’est la rentrée !

     

    Christian Merveille

     

     

     

    La rentrée de Poème

    C’est un petit mot

    Tout propre et tout beau

    Qui ne veut ni école

    Ni sac sur le dos.

    Il préfère les flaques d’eau

    Et les feuilles qui volent,

    Il préfère les étoiles

    Et les bateaux à voiles...

    Pourtant les enfants l’aiment

    Le petit Poème,

    Alors, tout propre et tout beau,

    Son sac sur le dos,

    Il court sur les cahiers

    Des petits écoliers.

    Christine Fayolle

     

     

     

    Chahut

    Sur le chemin de l’école,

    Les crayons de couleur

    Sautent du cartable

    Pour dessiner des fleurs.

    Les lettres font la fête

    Debout sur les cahiers,

    Elles chantent à tue-tête

    L’alphabet des écoliers.

    Ciseaux et gommes

    Sèment la zizanie,

    Ils laissent sur la route

    Tout un tas de confettis.

    Entends-tu, ce matin,

    Le chahut sur le chemin ?

    C’est la rentrée qui revient !

    Véronique Colombé

     

     

     

    Je voulais dans mon cartable

     

    Je voulais dans mon cartable

    Emporter mes châteaux de sable,

    Mon cerf-volant, des coquillages

    Et le portique de la plage.

    Maman m’a dit

    "Ce n’est pas permis !

    Et puis tout ça,ça ne rentre pas !"

    Alors j’ai pris un beau stylo,

    Pour le goûter quelques gâteaux

    Et que des choses raisonnables.

    Plus trois petits grains de sable !

    Pierre Ruaud

     

     

     

    Mon cartable

     

    Mon cartable a mille odeurs,

    Mon cartable sent la pomme,

    Le livre, l'encre, la gomme,

    Et les crayons de couleurs.

    Mon cartable sent l'orange,

    Le bison et le nougat,

    Il sent tout ce que l'on mange,

    Et ce qu'on ne mange pas.

    La figue, la mandarine,

    Le papier d'argent ou d'or,

    Et la coquille marine,

    Les bateaux sortant du port.

    Les cowboys et les noisettes,

    La craie et le caramel,

    Les confettis de la fête,

    Les billes remplies de ciel.

    Les longs cheveux de ma mère,

    Et les joues de mon papa.

    Les matins dans la lumière,

    La rose et le chocolat.

    Pierre Gamarra

     

     

     

     

    Les crayons

     

    Mais à quoi jouent les crayons

    Pendant les récréations ?

    Le rouge dessine une souris,

    Le vert un soleil,

    Le bleu dessine un radis,

    Le gris une groseille.

    Le noir qui n'a pas d'idée,

    Fait de gros pâtés.

    Voila les jeux des crayons

    Pendant les récréations.

    Corinne Albaut

     

     

     

     

    Crayons de couleur

     

    Le vert pour les pommes et les prairies,

    Le jaune pour le soleil et les canaris,

    Le rouge pour les fraises et le feu,

    Le noir pour la nuit et les corbeaux

    Le gris pour les ânes et les nuages,

    Le bleu pour la mer et le ciel

    Et toutes les couleurs pour colorier

    Le monde.

    Chantal Couliou

     

     

     

    Trois escargots

     

    J’ai rencontré trois escargots

     

    Qui s’en allaient cartable au dos

     

    Et dans le pré trois limaçons

     

    Qui disaient par cœur leur leçon.

     

    Puis dans un champ, quatre lézards

     

    Qui écrivaient un long devoir.

     

    Où peut se trouver leur école ?

     

    Au milieu des avoines folles ?

     

    Et leur maître est-il ce corbeau

     

    Que je vois dessiner là-haut

     

    De belles lettres au tableau ?

     

    Maurice Carême

     

     

     

    O vieille école

     

    Au cœur de mon vieux village,
    Il est un grand toit bleu et gris
    Où viennent les tout-petits
    Abriter leur compagnonnage:

     

    Il y a là des bancs où je me suis assis,
    Et sur les vitres où se penchent les feuillages,
    L'ombre folâtre
    Des songes que j'ai bâtis
    Quand j'ai commencé, un peu ivre,
    De mettre le nez dans les livres.

     

    Au cœur de mon vieux village,
    Il est un toit bleu et gris
    Où s'en vont les tout-petits
    Apprendre à déchiffrer l'univers page à page.

     

    Ô vieille école solitaire,
    Il me semble qu'un grand mystère
    Habite en toi, dont chaque vitre au jour sourit
    Et que de clairs oiseaux font palpiter leurs ailes
    Entre tes murs, ainsi que dans un nid
    D'où jailliraient des étincelles
    Vers l'infini.

     

    Philéas Lebesque (1859 – 1958)

     



     

    L'école

     

    L’école était au bord du monde,
    L’école était au bord du temps.
    Au dedans, c’était plein de rondes ;
    Au dehors, plein de pigeons blancs.

     

    On y racontait des histoires
    Si merveilleuses qu’aujourd’hui,
    Dès que je commence à y croire,
    Je ne sais plus bien où j’en suis.

     

    Des fleurs y grimpaient aux fenêtres
    Comme on n’en trouve nulle part,
    Et, dans la cour gonflée de hêtres,
    Il pleuvait de l’or en miroirs.

     

    Sur les tableaux d’un noir profond,
    Voguaient de grandes majuscules
    Où, de l’aube au soir, nous glissions
    Vers de nouvelles péninsules.

     

    L’école était au bord du monde,
    L’école était au bord du temps.
    Ah ! que ne suis-je encor dedans
    Pour voir, au dehors, les colombes !

     

    Maurice Carême (1899 - 1978)

     

     

     


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